ME LOUIS SIROIS, LL.B.
Avocat et conseils
Fiscalité des cryptoactifs · Canada & Québec

Cryptomonnaies et impôt : chaque swap compte.

Bitcoin, Ethereum, stablecoins, NFT, revenus de staking ou de minage : pour l'ARC et Revenu Québec, ce sont des biens — et chaque vente, chaque échange crypto-à-crypto, chaque achat payé en crypto est une disposition imposable. Avec l'arrivée du cadre international de déclaration CARF dès le 1er janvier 2027, l'ère de l'angle mort tire à sa fin. Voici ce que le fisc attend de vous — et comment garder le contrôle.

Consultation confidentielle, protégée par le secret professionnel · Membre du Barreau du Québec depuis 1987

Depuis 1987Membre du Barreau du Québec
Expertise crypto dédiéeDéclarations, divulgations, vérifications
Litige fiscalARC, Revenu Québec, tribunaux
Tarif transparent375 $/h ou forfait selon le mandat
L'essentiel

Comment le fisc voit vos cryptos

Trois idées suffisent à comprendre 90 % de la fiscalité des cryptoactifs au Canada — et la plupart des problèmes viennent de l'une des trois.

1

Un bien, pas une monnaie

L'ARC traite les cryptoactifs comme des biens (à la manière d'une marchandise), non comme de l'argent. Utiliser une crypto — pour vendre, échanger, payer ou donner — équivaut donc à disposer d'un bien, avec un gain ou une perte à calculer en dollars canadiens à chaque opération.

2

Gain en capital… ou revenu d'entreprise

Investisseur occasionnel : gain en capital, imposable à 50 %. Trader actif, mineur commercial, activité organisée : revenu d'entreprise, imposable à 100 %. La frontière dépend des faits — fréquence, intention, temps consacré, expertise, financement — et c'est l'un des terrains de contestation favoris du fisc.

3

Deux fiscs, deux déclarations

L'ARC exige la déclaration de vos gains, pertes et revenus crypto. Revenu Québec ajoute sa propre couche : une case à cocher à la ligne 24 de votre déclaration et le formulaire TP-21.4.39 (Déclaration relative aux cryptoactifs), obligatoire sous peine de pénalités.

Exemple simplifié. Vous échangez de l'ether acheté 20 000 $ contre du bitcoin alors que cet ether vaut 50 000 $. Même si vous n'avez jamais « encaissé » un dollar, vous venez de réaliser un gain de 30 000 $ — dont 15 000 $ s'ajoutent à vos revenus imposables de l'année. Le bitcoin reçu repart avec un coût fiscal de 50 000 $.
Imposable ou pas ?

Les opérations qui déclenchent l'impôt — et celles qui ne le font pas

La règle d'or : dès qu'une crypto change de nature ou de mains, il y a probablement disposition. Dès qu'elle ne fait que bouger ou dormir, probablement pas.

Dispositions imposables
  • Vendre une crypto contre des dollars (CAD, USD…)
  • Échanger une crypto contre une autre — y compris vers un stablecoin (USDT, USDC)
  • Payer un bien ou un service en crypto (même un café)
  • Donner des cryptos (don = disposition à la valeur marchande)
  • Convertir un NFT, « wrapper » un jeton ou liquider une position DeFi (selon le cas)
  • Cesser d'être résident canadien en détenant des cryptos — disposition réputée (taxe de départ)
Chaque opération exige un calcul de gain ou de perte en dollars canadiens, à la valeur du moment.
Généralement sans impôt immédiat
  • Acheter des cryptos avec des dollars — et les conserver
  • Voir leur valeur monter (gain non réalisé : pas d'impôt tant qu'il n'y a pas disposition)
  • Transférer ses cryptos entre ses propres portefeuilles ou plateformes
  • Recevoir des cryptos en don ou en héritage (des règles particulières fixent alors votre coût fiscal)
« Sans impôt immédiat » ne veut pas dire « sans obligation » : registres à tenir, cases à cocher (ligne 24 au Québec) et formulaires possibles (TP-21.4.39, T1135) demeurent.
Le réflexe qui sauve : notez la valeur en dollars canadiens de chaque opération au moment où elle survient. Reconstituer des années de transactions sur plusieurs plateformes et portefeuilles — parfois disparus — est l'exercice le plus coûteux de toute la fiscalité crypto.
Gagner des cryptos

Minage, staking, airdrops, DeFi : quand la crypto est un revenu

Vendre n'est pas la seule façon de déclencher l'impôt : recevoir des cryptos en est une autre. Le traitement dépend de la façon dont vous les gagnez.

Minage

Exploité de façon commerciale, le minage est une entreprise : les cryptos obtenues sont un revenu à leur valeur marchande, les dépenses (matériel, électricité) se déduisent, et des règles particulières de TPS/TVQ s'appliquent aux activités de minage. Le mineur « amateur » n'est pas forcément imposé à la réception — mais son coût fiscal est alors nul, et tout devient imposable à la revente. La frontière amateur/entreprise est une question de faits… que le fisc tranche volontiers contre vous.

Staking (jalonnement)

Les récompenses de staking sont généralement traitées comme un revenu à leur valeur marchande au moment de la réception — puis génèrent un second événement imposable (gain ou perte) lors de leur disposition. Deux moments, deux calculs : c'est l'erreur de déclaration la plus fréquente que je rencontre chez les détenteurs de cryptos de bonne foi.

Airdrops, forks et récompenses

Jetons reçus gratuitement, chaînes scindées, programmes de récompense, « learn-to-earn » : le traitement varie selon le contexte — revenu à la réception dans certains cas, coût fiscal nul dans d'autres. Chaque situation mérite d'être qualifiée correctement avant de produire la déclaration.

DeFi, prêts et NFT

Intérêts de prêt de cryptos, pools de liquidité, jetons LP, « yield farming », création et revente de NFT : la loi n'a pas été écrite pour ces opérations, et l'ARC les analyse au cas par cas. Zone grise ne veut pas dire zone franche — c'est précisément là qu'une position défendable, documentée et cohérente fait la différence en cas de vérification.

Payé en crypto ? Un salaire, des honoraires ou une vente d'entreprise encaissés en cryptomonnaie constituent un revenu imposable à la valeur marchande au moment de la réception — la crypto reçue devient ensuite un bien dont la revente générera son propre gain ou sa propre perte.
Vos obligations

Ce que vous devez déclarer — fédéral et Québec

La conformité crypto tient en cinq obligations. Les quatre premières existent déjà ; la cinquième — le cadre CARF — change la donne dès le 1er janvier 2027.

Tenir des registres complets

Pour chaque opération : date, nature, quantités, valeur en dollars canadiens, frais, plateforme ou adresse de portefeuille, contrepartie. L'ARC et Revenu Québec l'exigent — et en vérification, l'absence de registres joue systématiquement contre le contribuable.

Déclarer gains, pertes et revenus au fédéral

Gains et pertes en capital à l'annexe 3 (taux d'inclusion de 50 %), revenus d'entreprise ou de biens (trading actif, minage commercial, staking) dans les formulaires appropriés. Le calcul repose sur le prix de base rajusté moyen de chaque cryptomonnaie — un calcul global, pour l'ensemble de vos plateformes et portefeuilles.

Annexe 3T2125 si entreprise

Répondre aux exigences du Québec

Depuis la déclaration de 2023, Revenu Québec exige de cocher la case « cryptoactifs » à la ligne 24 et de produire la Déclaration relative aux cryptoactifs (TP-21.4.39) si vous avez détenu, reçu, utilisé ou disposé de cryptoactifs — sous peine de pénalités pouvant atteindre 2 500 $. J'ai consacré une analyse détaillée à ce formulaire sur mon blogue.

Ligne 24 (TP-1)TP-21.4.39

Ne pas oublier le T1135 (biens étrangers)

Des cryptos gardées sur des plateformes ou chez des dépositaires étrangers peuvent constituer des « biens étrangers déterminés ». Si le coût total de vos biens étrangers a dépassé 100 000 $ CA à un moment de l'année, le formulaire T1135 s'impose — avec des pénalités automatiques en cas d'omission.

T1135

Se préparer au cadre CARF — dès le 1er janvier 2027

Le Canada mettra en œuvre le Cadre de déclaration des cryptoactifs de l'OCDE (initialement prévu pour 2026, reporté à 2027 par le budget fédéral de novembre 2025). Les plateformes et courtiers en cryptoactifs devront recueillir l'identité de leurs clients et déclarer leurs opérations — ventes, échanges, transferts importants — à l'ARC, avec échanges automatiques entre pays. Concrètement : le fisc verra ce que vos plateformes voient, ici comme à l'étranger.

CARF · OCDEÉchange international de renseignements
La fenêtre se referme. Entre aujourd'hui et l'entrée en vigueur du CARF, chaque mois compte pour ceux dont les déclarations passées sont incomplètes : une régularisation volontaire, entreprise avant que le fisc ne dispose de vos données, change complètement l'issue du dossier.
Vigilance

Les pièges qui coûtent le plus cher

1

« Je n'ai rien vendu en dollars, donc rien à déclarer »

Le mythe numéro un. Les échanges crypto-à-crypto — y compris vers un stablecoin — sont des dispositions imposables. Des années de swaps non déclarés peuvent représenter des dizaines d'événements imposables… et autant d'omissions.

2

Négliger le prix de base rajusté

Le PBR se calcule par cryptomonnaie, en moyenne, sur l'ensemble de vos comptes et portefeuilles — pas plateforme par plateforme. Les rapports automatiques des exchanges sont souvent faux dès que vous utilisez plus d'un compte. Et la règle de la perte apparente peut refuser vos pertes de fin d'année rachetées trop vite.

3

Se faire requalifier en « entreprise »

Trading fréquent, levier, bots, revente rapide : le fisc peut requalifier vos gains en capital (imposables à 50 %) en revenu d'entreprise (imposable à 100 %) — et réévaluer plusieurs années. L'inverse existe aussi : des pertes d'entreprise refusées et requalifiées en pertes en capital.

4

Mal réclamer les pertes — plateformes effondrées, fraudes, rug pulls

Fonds gelés sur une plateforme insolvable, jetons devenus sans valeur, arnaques : une perte n'est déductible que si elle est réalisée et correctement qualifiée, au bon moment et avec la bonne preuve. Réclamée trop tôt, trop tard ou sous la mauvaise forme, elle sera refusée.

5

Oublier le volet québécois

Case de la ligne 24 non cochée, TP-21.4.39 manquant : des pénalités distinctes s'ajoutent, et l'incohérence entre vos déclarations fédérale et québécoise est elle-même un signal de vérification.

6

Compter sur l'anonymat de la chaîne

La chaîne de blocs est un registre public et permanent. Entre l'analyse de chaînes, les ordonnances visant les plateformes, les données du CARF dès 2027 et les échanges internationaux, le fisc a le temps — et la prescription ne court pas en cas de fausse déclaration.

7

Quitter le Canada avec ses cryptos, sans planification

Vos cryptomonnaies sont des biens visés par la disposition réputée au départ : quitter le pays déclenche l'impôt sur tous les gains accumulés, même sans aucune vente. Voyez nos pages taxe de départ et choisir sa destination.

8

Ne pas provisionner l'impôt

Réaliser un gain important, tout réinvestir, puis voir le marché chuter : l'impôt sur le gain de l'an dernier reste dû, même si le portefeuille a fondu depuis. La facture fiscale se provisionne au moment du gain — pas au moment du solde.

Régulariser le passé

Des années non déclarées ? Il existe une porte de sortie.

Les programmes de divulgation volontaire de l'ARC et de Revenu Québec — auxquels nous consacrons une page complète — permettent de corriger des déclarations incomplètes — transactions crypto omises, comptes à l'étranger, revenus de minage ou de staking — en échange, lorsque les conditions sont remplies, d'un allègement des pénalités et d'une protection contre les poursuites.

Avant que le fisc ne vous écrive

La divulgation doit être volontaire : elle n'est plus recevable une fois qu'une vérification ou une demande vous vise. Avec l'arrivée des données du CARF et l'analyse de chaînes, attendre, c'est parier que le fisc ne trouvera pas — un pari de moins en moins tenable.

Le secret professionnel de l'avocat

Évaluer un dossier de régularisation exige de tout mettre sur la table. Avec un avocat, ces échanges sont protégés par le secret professionnel — une protection que ni comptables ni plateformes logicielles ne peuvent offrir — pendant que nous décidons, ensemble, de la meilleure stratégie.

Un dossier bien monté, pas un aveu improvisé

Reconstitution des historiques de transactions, calculs de PBR défendables, qualification gain/revenu, choix du programme (général ou restreint), négociation avec les autorités : une divulgation réussie est un dossier d'expert — pas un simple formulaire rempli à la hâte.

L'accompagnement

Ce que je fais pour vous

Un des rares avocats fiscalistes au Québec avec une pratique dédiée aux cryptoactifs — de la conformité annuelle jusqu'au litige. Tarif de 375 $/h ou forfait convenu d'avance.

1

Conformité et déclarations complexes

Qualification gain en capital ou revenu d'entreprise, reconstitution d'historiques multi-plateformes, PBR, minage, staking, DeFi, TP-21.4.39, T1135 : des déclarations exactes et défendables, coordonnées avec votre comptable.

2

Divulgation volontaire et régularisation

Analyse confidentielle de votre situation, stratégie de régularisation ARC et Revenu Québec, montage du dossier et négociation — avant que les données du CARF et l'analyse de chaînes ne fassent le travail à votre place.

3

Vérifications, oppositions et litige

Demandes de renseignements, projets de cotisation, requalifications, pénalités pour faute lourde : je vous représente devant l'ARC, Revenu Québec, la Cour canadienne de l'impôt et la Cour du Québec — et si le dossier bascule aux accusations pénales, la défense est déjà en place.

Aussi en planification : détention de cryptos par société, départ du Canada avec un portefeuille crypto, dons de cryptomonnaies, et volet successoral — car un portefeuille dont personne n'a les clés est un héritage perdu, et un portefeuille non déclaré, un problème légué à vos héritiers.
FAQ

Questions fréquentes

Échanger une crypto contre une autre est-il vraiment imposable, même sans retirer d'argent ?
Oui. Chaque échange crypto-à-crypto — bitcoin contre ether, altcoin contre stablecoin — est une disposition : vous êtes réputé avoir vendu la première crypto à sa valeur marchande en dollars canadiens, avec gain ou perte à déclarer. Le fait que l'argent ne soit jamais « sorti » des plateformes ne change rien.
Quel est le taux d'imposition sur mes gains crypto en 2026 ?
Si vos gains sont des gains en capital, la moitié (50 %) s'ajoute à vos revenus imposables — la hausse du taux d'inclusion annoncée en 2024 a été annulée en mars 2025. Si votre activité constitue une entreprise (trading actif, minage commercial), 100 % du profit est imposable, aux taux ordinaires fédéral et québécois. La qualification — capital ou entreprise — est donc souvent l'enjeu principal.
Comment sont imposées mes récompenses de staking ?
En règle générale, elles sont imposables comme revenu à leur valeur marchande au moment où vous les recevez. Cette valeur devient ensuite leur coût fiscal : à la revente, vous calculez un second gain ou une seconde perte. Omettre l'un des deux moments — ou les deux — est l'erreur la plus fréquente dans les déclarations que je révise.
J'ai perdu des cryptos dans l'effondrement d'une plateforme ou une fraude. Puis-je déduire la perte ?
Possiblement, mais pas automatiquement : il faut établir que la perte est réalisée (et non simplement latente), la qualifier correctement (perte en capital, perte d'entreprise, créance irrécouvrable…) et la réclamer la bonne année, preuves à l'appui. Une perte mal réclamée est une perte refusée — le dossier mérite d'être monté avec soin.
Qu'est-ce que le formulaire TP-21.4.39 de Revenu Québec ?
C'est la « Déclaration relative aux cryptoactifs » que Revenu Québec exige avec votre déclaration de revenus si vous avez détenu, reçu, utilisé ou aliéné des cryptoactifs dans l'année (case à cocher à la ligne 24). Son omission peut entraîner des pénalités atteignant 2 500 $. Voyez mon analyse complète du formulaire.
Qu'est-ce que le CARF et qu'est-ce que ça change pour moi ?
Le Cadre de déclaration des cryptoactifs de l'OCDE oblige les plateformes et courtiers à identifier leurs clients et à déclarer leurs opérations aux autorités fiscales, avec échange automatique entre pays. Le Canada le met en œuvre à compter du 1er janvier 2027 (report confirmé au budget fédéral de novembre 2025). Concrètement : l'ARC recevra les données de vos plateformes, canadiennes comme étrangères — les écarts avec vos déclarations passées deviendront visibles.
Je n'ai jamais déclaré mes cryptos. Que dois-je faire ?
Ne rien faire est la pire option : intérêts, pénalités pour faute lourde et, dans les cas graves, poursuites. Tant que le fisc ne vous a pas contacté, une divulgation volontaire bien préparée permet généralement de régulariser à coût maîtrisé. La démarche commence par une consultation confidentielle — protégée par le secret professionnel — pour évaluer vos options. C'est exactement le type de dossier que je traite.

Vos cryptos méritent une stratégie fiscale — pas un pari

Déclarations à produire, années à régulariser, vérification en cours ou simple doute : parlons-en en toute confidentialité. Appelez-moi, ou décrivez votre situation ci-dessous — je vous recontacte rapidement.

Me Louis Sirois, avocat et conseils
3030, boul. Curé-Labelle, bureau 300
Laval (Québec) H7P 0H9

Tél. : 438-386-4223
Téléc. : 1-450-506-0425
Courriel : lsirois@sbavocats.ca
www.sbavocats.ca

Lundi au vendredi, 9 h à 17 h
Membre du Barreau du Québec depuis 1987

Vos renseignements demeurent strictement confidentiels et ne servent qu'à vous recontacter.