L'essentiel en 60 secondes
Mis à jour le · par Me Louis Sirois, avocat fiscalisteLa fiscalité immobilière regroupe les règles d'impôt sur le revenu et de taxes de vente qui s'appliquent à l'achat, à la détention, à la location et à la vente d'un immeuble. Au Québec, chaque opération se déclare à deux paliers, fédéral et provincial. L'essentiel du risque tient à la qualification de l'opération : c'est elle que le fisc remet en cause lorsqu'il vérifie.
- 50 % du gain en capital réalisé à la vente d'un immeuble est imposable, au fédéral comme au Québec. Si le profit est plutôt qualifié de revenu d'entreprise, il est imposable en entier. ARC, guide T4037 (2025) · Revenu Québec, Vente de votre propriété
- 365 jours Un logement revendu après moins de 365 jours consécutifs de détention tombe sous la règle de la revente précipitée : le profit est réputé un revenu d'entreprise, sans exemption pour résidence principale — sauf événement de la vie prévu par la loi. par. 12(12) à 12(14) LIR · art. 91.2 à 91.4 LI · ventes conclues depuis le 1er janvier 2023
- 1 seule résidence principale peut être désignée par famille pour une même année. La vente doit être déclarée et la désignation produite aux deux paliers, même lorsque tout le gain est exonéré. formulaires T2091 (ARC) et TP-274 (Revenu Québec)
- 2 ans pour demander le remboursement partiel de la TPS et de la TVQ sur une habitation neuve — jusqu'à 6 300 $ et 9 975 $ —, à condition que l'habitation soit le lieu de résidence habituelle de l'acheteur ou d'un proche. Revenu Québec, Remboursement TPS/TVQ pour habitation neuve ou rénovée
- 10 jours Le vendeur qui ne réside pas au Canada doit aviser l'ARC et Revenu Québec au plus tard 10 jours après la vente. Sans certificat, l'acheteur peut devoir verser lui-même 25 % du prix d'achat au fédéral et 12,875 % au Québec — davantage pour certains biens, comme le bâtiment d'un immeuble locatif. art. 116 LIR · art. 1097 à 1102.2 LI
- 14 854 dossiers immobiliers traités par l'ARC d'avril 2024 à mars 2025, pour 849 millions de dollars en résultats de vérification, pénalités comprises ; 853 pénalités ont été imposées, pour environ 103 millions. Source : ARC, inobservation dans le secteur immobilier
LIR : Loi de l'impôt sur le revenu (Canada) · LTA : Loi sur la taxe d'accise (Canada) · LI : Loi sur les impôts (Québec) · LAF : Loi sur l'administration fiscale (Québec).
Gain en capital ou revenu d'entreprise : comment le fisc qualifie-t-il la vente d'un immeuble ?
C'est la première question de tout dossier immobilier, et la plus lourde de conséquences. Un gain en capital n'est imposable qu'à 50 % et peut être effacé par l'exemption pour résidence principale ; un revenu d'entreprise est imposable en entier, sans exemption. La réponse dépend de votre intention et de votre conduite — et, depuis 2023, d'une présomption légale lorsque le logement est revendu rapidement.
| Élément | Gain en capital Immeuble détenu comme placement ou pour usage personnel | Revenu d'entreprise Immeuble acquis pour être revendu à profit |
|---|---|---|
| Part imposable | La moitié (50 %) du gain, au fédéral comme au Québec. | La totalité du profit, comme tout revenu d'entreprise. |
| Exemption pour résidence principale | Possible pour les années où l'immeuble est désigné, si les conditions sont remplies. | Aucune : l'exemption ne s'applique qu'à un gain en capital. |
| Perte | Perte en capital ; celle subie à la vente de votre propre résidence n'est pas déductible. | Perte d'entreprise — réputée nulle lorsque la règle de la revente précipitée s'applique. |
| TPS et TVQ | La vente d'une habitation usagée est en principe exonérée. | Exonérée elle aussi si l'habitation est usagée ; taxable si elle a été construite, ou a fait l'objet de rénovations majeures, pour être revendue : le vendeur est alors un « constructeur ». |
| Indices retenus | Intention de détenir, réalisée dans les faits : occupation ou location durable, détention prolongée, vente motivée par un événement imprévu. | Intention de revendre à profit dès l'achat — même secondaire —, opérations répétées, détention brève, acquisition financée surtout par emprunt, métier lié à l'immobilier. |
Le vocabulaire de la fiscalité immobilière
- Gain en capital
- Excédent du prix de vente d'un immeuble sur son prix de base rajusté et sur les frais engagés pour le vendre. La moitié du gain est imposable.
- Prix de base rajusté (PBR)
- Généralement, le coût de l'immeuble, plus les dépenses engagées pour l'acquérir, comme les droits de mutation, et le coût des additions et des améliorations.
- Juste valeur marchande
- Généralement, la valeur la plus élevée que l'on pourrait obtenir de l'immeuble sur un marché libre. C'est elle qui tient lieu de prix dans les ventes réputées.
- Revente précipitée
- Vente d'un logement situé au Canada — ou d'un droit d'en acquérir un — détenu moins de 365 jours consécutifs ; le profit est alors réputé un revenu d'entreprise, sauf événement de la vie prévu par la loi.
- Résidence principale
- Logement normalement habité dans l'année par le propriétaire, son conjoint, son ex-conjoint ou son enfant, et désigné comme tel ; une seule désignation par famille et par année.
- Changement d'usage
- Passage d'un usage personnel à un usage locatif ou commercial, ou l'inverse. Il entraîne une vente réputée à la juste valeur marchande, sauf choix prévu par la loi.
- Récupération d'amortissement
- Montant ajouté au revenu lorsqu'un bâtiment amorti est vendu à un prix qui dépasse son solde non amorti : l'amortissement déduit en trop est repris.
- Rénovations majeures
- Travaux au terme desquels 90 % ou plus du bâtiment a été enlevé ou remplacé, exception faite des fondations, des murs extérieurs, des murs intérieurs de soutien, des planchers, du toit et des escaliers.
- Constructeur
- En TPS et en TVQ, la personne qui construit un immeuble d'habitation ou y fait des rénovations majeures, ou encore qui achète un immeuble d'habitation neuf en vue de le revendre. Le particulier qui agit autrement que dans le cadre d'une entreprise, d'un projet à risque ou d'une affaire à caractère commercial n'en est pas un.
- Fourniture à soi-même
- Règle par laquelle le constructeur d'un immeuble d'habitation destiné à la location est considéré comme son vendeur et son acquéreur : il doit remettre la TPS et la TVQ sur la juste valeur marchande.
- Certificat de conformité
- Document délivré par l'ARC — et son équivalent par Revenu Québec — au vendeur non résident qui a payé ou garanti l'impôt sur son gain ; il dégage l'acheteur de sa responsabilité à hauteur du montant qui y figure.
- Contrat de prête-nom
- Contrat par lequel une personne détient un immeuble pour le compte d'une autre, qui en est le véritable propriétaire. Au Québec, il doit être divulgué à Revenu Québec lorsqu'il intervient dans le cadre d'une opération entraînant des conséquences fiscales.
Qu'est-ce que la règle de la revente précipitée (le « flip ») ?
Depuis le 1er janvier 2023, le profit tiré de la vente d'un logement situé au Canada et détenu pendant moins de 365 jours consécutifs est réputé être un revenu d'entreprise. La règle s'applique au fédéral et au Québec, y compris à un bien de location. Elle ne laisse qu'une issue : démontrer que la vente découle d'un événement de la vie prévu par la loi.
Ce que la règle entraîne
- Imposition en entier : le profit est traité comme un revenu d'entreprise, et non comme un gain en capital imposable à 50 %.
- Pas d'exemption : la désignation comme résidence principale est écartée, même si vous avez réellement habité l'immeuble.
- Perte réputée nulle : une perte subie sur une revente précipitée ne peut pas être déduite.
- Biens visés : tout logement situé au Canada — maison, condo, plex, bien de location —, mais aussi le droit d'acquérir un logement : céder un contrat de préconstruction détenu moins de 365 jours déclenche la même règle, aux deux paliers.
Les événements de la vie qui écartent la présomption
- Décès du propriétaire ou d'une personne qui lui est liée.
- Ajout au ménage : naissance, adoption, parent âgé qui emménage.
- Échec du mariage ou de l'union de fait, avec séparation d'au moins 90 jours avant la revente.
- Menace à la sécurité personnelle, comme la violence familiale.
- Incapacité ou maladie grave du propriétaire ou d'une personne liée.
- Réinstallation admissible du propriétaire ou de son conjoint — nouvel emploi, entreprise ou études postsecondaires à temps plein —, la nouvelle habitation le rapprochant d'au moins 40 km de son nouveau lieu de travail ou d'études.
- Perte d'emploi involontaire.
- Insolvabilité.
- Destruction ou expropriation de l'immeuble.
Comment fonctionne l'exemption pour résidence principale — et quand tombe-t-elle ?
L'exemption pour résidence principale efface l'impôt sur le gain en capital pour les années où l'immeuble est désigné. Elle n'est pas automatique : il faut y avoir droit, la demander dans la déclaration de l'année de la vente, et faire la même désignation aux deux paliers.
Les conditions
Un logement — maison, condo, unité d'un duplex, chalet, maison mobile — que vous, votre conjoint, votre ex-conjoint ou votre enfant avez normalement habité dans l'année. Une seule résidence peut être désignée par famille pour une même année, depuis 1982. Le terrain est couvert jusqu'à un demi-hectare ; au-delà, il faut établir que l'excédent était nécessaire à l'usage de la résidence.
Déclarer, même sans impôt à payer
Depuis 2016, l'ARC n'accorde l'exemption que si la vente est déclarée et la désignation produite : annexe 3 et formulaire T2091 au fédéral, formulaire TP-274 et annexe G au Québec. L'oubli se paie : au fédéral, une désignation tardive peut être acceptée moyennant une pénalité égale au moindre de 8 000 $ et de 100 $ par mois complet de retard ; au Québec, l'omission de transmettre le formulaire TP-274 expose à une pénalité de 100 $ par mois, jusqu'à 5 000 $.
La même désignation aux deux paliers
Au Québec, vous ne pouvez désigner un immeuble comme résidence principale pour une année que si vous avez d'abord fait cette désignation, pour la même année, auprès de l'ARC. Une désignation oubliée au fédéral se répercute donc sur l'impôt du Québec.
Maison et chalet
Un chalet habité même une courte période dans l'année peut être « normalement habité », sauf si la raison principale de le posséder est d'en tirer un revenu. La famille qui possède deux résidences doit choisir, année par année, laquelle désigner. La formule ajoute une année au nombre d'années désignées — la règle du « plus 1 » —, pour tenir compte de l'année où l'on vend une résidence et en acquiert une autre.
Plex, chambre louée, bureau à domicile
Dans un duplex ou un triplex, seul le logement que vous occupez peut être désigné ; le gain attribuable aux logements loués est imposable. À l'inverse, louer une chambre ou tenir un bureau chez soi ne fait pas perdre l'exemption si cet usage reste accessoire, qu'aucune transformation structurelle n'a été faite et qu'aucun amortissement n'a été réclamé sur l'immeuble.
Le changement d'usage
Transformer sa résidence en immeuble locatif, ou l'inverse, déclenche une vente réputée à la juste valeur marchande. Un choix permet de reporter le gain et de continuer à désigner l'immeuble pendant quatre ans, en principe, à condition de ne réclamer aucun amortissement ; depuis le 19 mars 2019, il vaut aussi pour un changement partiel. Ce choix se fait auprès de l'ARC — sans lui, aucun choix n'est possible au Québec —, et Revenu Québec doit en être avisé par écrit (par. 45(2) et 45(3) LIR ; art. 21.4.6, 284 et 286.1 LI).
Immeuble locatif, plex, location de courte durée : qu'est-ce qui est imposable ?
Le loyer net s'ajoute à votre revenu chaque année. À la vente, le fisc impose à la fois le gain en capital et l'amortissement déduit au fil des ans. La location de courte durée, elle, ajoute des obligations d'enregistrement et de taxes.
Pendant la détention
Les revenus de location sont habituellement des revenus de biens ; ils peuvent devenir des revenus d'entreprise lorsque vous offrez des services comme le ménage, la sécurité ou les repas. L'amortissement ne peut ni créer ni augmenter une perte de location. Les droits de mutation payés à l'achat ne se déduisent pas : ils s'ajoutent au coût de l'immeuble. Au Québec, le propriétaire qui loue un logement admissible doit aussi respecter les obligations relatives au relevé 31.
À la vente
Deux éléments distincts : le gain en capital, imposable à 50 %, et la récupération d'amortissement — l'amortissement déduit au fil des ans, repris dans le revenu lorsque le prix de vente du bâtiment dépasse son solde non amorti. Des règles particulières encadrent aussi la répartition du prix entre le terrain et le bâtiment lorsque ce dernier est vendu à perte.
Location de courte durée
Les dépenses liées à une location à court terme « non conforme » ne sont pas déductibles, au fédéral comme au Québec. Est visée, au fédéral, la location de moins de 90 jours consécutifs, pour les revenus gagnés après 2023, lorsqu'elle est interdite par la province ou la municipalité, ou exploitée sans l'enregistrement, la licence ou le permis exigés. Au Québec, l'exploitant doit aussi enregistrer son établissement d'hébergement touristique, s'inscrire au fichier de la taxe sur l'hébergement — sauf s'il loue uniquement par des plateformes numériques inscrites qui reçoivent toutes les sommes — et, lorsque ses fournitures taxables dépassent 30 000 $, aux fichiers de la TPS et de la TVQ.
TPS et TVQ : quand la vente ou la construction d'un immeuble d'habitation est-elle taxable ?
La vente d'une habitation usagée est exonérée ; celle d'une habitation neuve ou ayant fait l'objet de rénovations majeures est taxable — TPS de 5 % et TVQ de 9,975 %. Au Québec, les deux taxes sont administrées par Revenu Québec. Les cotisations surviennent là où un particulier ne se savait pas « constructeur ».
Habitation usagée : exonérée
Selon Revenu Québec, la vente d'un immeuble d'habitation qui n'est pas neuf et qui n'a pas subi récemment de rénovations majeures est exonérée de taxes. C'est le cas de la plupart des reventes de maisons, de condos et de plex.
Rénover pour revendre
Le particulier qui construit une habitation ou y fait des rénovations majeures pour la vendre, dans le cadre d'une entreprise ou d'un projet à risque, est un « constructeur » : sa vente est taxable. Il y a rénovations majeures lorsque 90 % ou plus du bâtiment a été enlevé ou remplacé, exception faite des fondations, des murs extérieurs, des murs intérieurs de soutien, des planchers, du toit et des escaliers.
Construire pour louer
Celui qui construit ou rénove en profondeur un immeuble d'habitation pour le louer est considéré comme son vendeur et son acquéreur : c'est la « fourniture à soi-même ». Il doit remettre la TPS et la TVQ calculées sur la juste valeur marchande de l'immeuble, à la plus tardive de la date où les travaux sont achevés en grande partie et de la date de possession ou d'occupation. Des remboursements pour immeuble d'habitation locatif neuf peuvent en réduire le coût, à demander dans les deux ans. Le particulier qui construit ou rénove autrement que dans le cadre d'une entreprise, d'un projet à risque ou d'une affaire à caractère commercial n'est pas un constructeur.
Céder un contrat de préconstruction
Depuis le 7 mai 2022, selon l'ARC, toutes les cessions d'un contrat de vente d'une habitation nouvellement construite sont taxables aux fins de la TPS/TVH. La TVQ suit : la cession faite par une personne autre que le constructeur est réputée une vente taxable (art. 232.1 de la Loi sur la taxe de vente du Québec). Revendre son contrat avant la livraison du condo n'est donc jamais une opération neutre.
Le remboursement pour habitation neuve
L'acheteur peut récupérer 36 % de la TPS, jusqu'à 6 300 $ — le remboursement diminue lorsque le prix dépasse 350 000 $ et s'éteint à 450 000 $ —, et 50 % de la TVQ, jusqu'à 9 975 $ — il diminue au-delà de 200 000 $ et s'éteint à 300 000 $. Conditions : être un particulier, faire de l'habitation son lieu de résidence habituelle ou celui d'un proche, et présenter la demande dans les deux ans.
La première habitation
Pour l'acheteur d'une première habitation neuve, le remboursement de la TPS peut atteindre 100 % de la taxe payée, jusqu'à 50 000 $ ; il diminue lorsque la valeur dépasse 1 000 000 $ et s'éteint à 1 500 000 $. Le contrat doit avoir été conclu, et la construction avoir débuté, après le 19 mars 2025 et avant 2031 ; les travaux doivent être achevés en grande partie avant 2036. Ce remboursement bonifié ne vise que la TPS.
Vendeur non résident : que se passe-t-il à la vente d'un immeuble situé au Québec ?
Le vendeur qui ne réside pas au Canada doit aviser les deux administrations et obtenir un certificat de chacune. À défaut, c'est l'acheteur qui devient responsable d'une partie de l'impôt du vendeur — ce qui explique qu'une part du prix soit retenue jusqu'à la délivrance des certificats.
| Étape | Fédéral — ARC Loi de l'impôt sur le revenu (LIR) | Québec — Revenu Québec Loi sur les impôts (LI) |
|---|---|---|
| Avis de la vente | Formulaire T2062 ou T2062A, selon le bien, au plus tard 10 jours après la disposition. En cas de retard : pénalité de 25 $ par jour, minimum 100 $, maximum 2 500 $. art. 116 LIR ; circulaire IC72-17R6 | Formulaire TP-1097 ou TP-1102.1, selon le bien. L'avis peut être donné avant la vente ; à défaut, il doit l'être dans les 10 jours qui la suivent. art. 1097, 1099 et 1102.1 LI |
| Certificat | Délivré contre paiement — ou garantie acceptable — de 25 % du gain, soit l'excédent du produit de disposition sur le prix de base rajusté. Pour un bien amortissable ou un immeuble en inventaire, le paiement est calculé autrement. circulaire IC72-17R6 | Délivré contre paiement — ou sûreté acceptée — de 12,875 % du gain. Pour un bien amortissable ou un immeuble en inventaire, le montant est celui que le ministre juge raisonnable. art. 1098, 1100 et 1102.1 LI |
| Sans certificat : l'acheteur | L'acheteur peut être tenu de payer, pour le compte du vendeur, 25 % du prix d'achat — 50 % pour certains biens, dont les biens amortissables —, dans les 30 jours suivant la fin du mois de l'acquisition. Il est autorisé à retrancher cette somme du prix. par. 116(5) et 116(5.3) LIR | L'acheteur doit payer 12,875 % du prix d'achat — 30 % pour certains biens, dont les biens amortissables —, dans les 30 jours suivant la fin du mois de l'acquisition, et peut le retenir sur le prix. art. 1101 et 1102.2 LI |
| Protection de l'acheteur | Aucune responsabilité si, après une enquête sérieuse, l'acheteur n'avait aucune raison de croire que le vendeur était un non-résident. circulaire IC72-17R6 | Même règle : aucune responsabilité si, après une enquête raisonnable, l'acheteur n'avait aucune raison de croire que le vendeur ne résidait pas au Canada. art. 1101 LI |
| Ensuite | Les sommes versées sont créditées au compte du vendeur ; l'impôt définitif est établi à la cotisation de sa déclaration de revenus, et l'excédent lui est remboursé. | Les sommes versées sont payées « à valoir sur l'impôt à payer » par le vendeur. art. 1098 et 1100 LI |
Les loyers d'un non-résident
Le payeur ou le mandataire doit retenir l'impôt des non-résidents de 25 % sur le loyer brut et le verser à l'ARC au plus tard le 15 du mois suivant. Avec le formulaire NR6, la retenue se calcule sur le loyer net. Le choix prévu à l'article 216 LIR permet d'être imposé sur le revenu net, à condition de produire la déclaration dans les deux ans — ou au plus tard le 30 juin de l'année suivante si un formulaire NR6 a été approuvé. Hors délai, le choix est invalide.
Résidence principale et non-résidence
Les années de non-résidence peuvent réduire l'exemption pour résidence principale, voire l'éliminer. Et l'année supplémentaire de la règle du « plus 1 » est refusée à celui qui ne résidait pas au Canada l'année où il a acquis l'immeuble.
Partir en gardant un immeuble
Le départ du Canada, la mise en location de l'ancienne résidence et sa vente ultérieure se planifient ensemble : voir les dossiers Taxe de départ du Canada et Émigrer du Canada. Quant à la taxe sur les logements sous-utilisés, elle est éliminée à compter de l'année civile 2025 (Loi no 1 d'exécution du budget de 2025, sanctionnée le 26 mars 2026) ; les déclarations et la taxe des années 2022 à 2024 demeurent exigibles.
Don, transfert à un proche, succession, prête-nom : quelles conséquences fiscales ?
Une opération sans argent n'est pas une opération sans impôt. Le don d'un immeuble, son transfert à un conjoint ou à un enfant, sa transmission au décès et sa détention par un prête-nom ont chacun leurs règles — et leurs cotisations.
Donner un immeuble
Celui qui donne un immeuble à son enfant est considéré comme l'ayant vendu à sa juste valeur marchande, et l'enfant comme l'ayant acquis à cette valeur ; vendre à un proche à prix d'ami n'y change rien, le prix étant alors considéré comme égal à la juste valeur marchande. Hors résidence principale, un gain en capital peut donc être imposable sans qu'aucune somme n'ait été reçue. Entre conjoints, en revanche, le transfert se fait généralement sans gain ni perte. Le transfert en ligne directe ou entre conjoints est exonéré de droits de mutation, sous réserve du droit supplétif que la municipalité peut exiger (art. 20 et 20.1 de la Loi concernant les droits sur les mutations immobilières) — une exonération qui ne touche pas l'impôt sur le revenu.
Transférer un immeuble quand on doit de l'impôt
Le proche qui reçoit un bien d'un débiteur fiscal sans en payer la pleine valeur peut être cotisé à sa place, jusqu'à concurrence de la valeur qu'il n'a pas payée (art. 160 LIR ; art. 325 LTA ; art. 14.4 LAF). Mettre la maison « au nom du conjoint » ne la met donc pas à l'abri du fisc : voir le dossier Litige fiscal.
Au décès
Le défunt est considéré comme ayant vendu tous ses biens juste avant son décès ; l'immeuble transféré au conjoint survivant peut échapper à cette règle, et la résidence principale peut être exonérée en tout ou en partie. L'héritier acquiert l'immeuble à sa juste valeur marchande. Le liquidateur qui distribue les biens sans avoir obtenu les certificats du fisc en répond personnellement, jusqu'à concurrence de la valeur distribuée (formulaire TX19 à l'ARC ; art. 14 LAF au Québec).
Le contrat de prête-nom
Au Québec, le contrat de prête-nom conclu dans le cadre d'une opération entraînant des conséquences fiscales doit être divulgué à Revenu Québec au plus tard le 90e jour suivant sa conclusion (formulaire TP-1079.PN ; art. 1079.8.6.4 LI). L'omission expose les parties, solidairement, à une pénalité de 1 000 $, plus 100 $ par jour à compter du deuxième jour, jusqu'à concurrence de 5 000 $ (art. 1079.8.13.3 LI). Fréquent en immobilier — un proche inscrit au titre, une société qui détient pour le compte d'une autre —, le prête-nom est souvent oublié.
Vérification d'une transaction immobilière : comment réagir, étape par étape ?
L'immobilier est un secteur ciblé : d'avril 2024 à mars 2025, l'ARC y a traité 14 854 dossiers, pour 849 millions de dollars en résultats de vérification, pénalités comprises. Une vérification commence souvent par une simple lettre ; la suite dépend de la qualité de la réponse.
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Lire la demande et repérer les délais
Lettre, questionnaire ou demande péremptoire : identifiez qui écrit — l'ARC ou Revenu Québec —, quelle opération est visée et quel délai de réponse est fixé. Une vérification amorcée sur une vente peut s'étendre aux autres immeubles et aux autres années.
Jour 0 -
Qualifier l'opération avant de répondre
Gain en capital ou revenu d'entreprise ? Résidence principale, en tout ou en partie ? Vente taxable en TPS et en TVQ ? La réponse au vérificateur doit reposer sur une position arrêtée, et non sur une explication improvisée qui restera au dossier.
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Réunir la preuve
Actes d'achat et de vente, état des déboursés du notaire, factures de rénovation, baux, preuves d'occupation — changement d'adresse, assurances, comptes de services —, pièces établissant l'événement de la vie invoqué. L'intention se prouve par des faits contemporains de l'achat, pas par des affirmations faites après coup.
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Répondre au projet de cotisation
Avant de cotiser, le fisc expose les redressements qu'il envisage et accorde un court délai pour y répondre. C'est le moment de contester la qualification, le calcul du gain — prix de base rajusté, frais, répartition entre le terrain et le bâtiment — et les pénalités.
Avant la cotisation -
S'opposer dans le délai, à chaque palier
Un redressement immobilier produit en général un avis de l'ARC et un avis de Revenu Québec, parfois doublés d'une cotisation de TPS et de TVQ. Chaque avis exige son propre avis d'opposition, en règle générale dans les 90 jours de son envoi : voir le dossier Litige fiscal.
Dans les 90 jours -
Porter l'affaire devant le tribunal
Si l'opposition échoue : appel à la Cour canadienne de l'impôt pour l'impôt fédéral et la TPS, contestation à la Cour du Québec pour l'impôt du Québec et la TVQ. La qualification d'un profit immobilier étant une question de fait, la preuve documentaire et la crédibilité du contribuable y pèsent lourd.
Jusqu'où le fisc peut-il remonter, et à quel prix ?
Trois ans, en principe
La période normale de nouvelle cotisation est de trois ans pour un particulier (par. 152(3.1) LIR ; art. 1010 LI). Au-delà, le fisc doit établir une présentation erronée des faits attribuable à la négligence, à l'inattention ou à une omission volontaire, ou une fraude.
Vente non déclarée : l'exception fédérale
Au fédéral, lorsque la vente ou la disposition d'un bien immobilier n'a pas été déclarée, l'ARC peut cotiser en tout temps après la période normale, pour les montants qui se rapportent à cette disposition (al. 152(4)b.3) LIR, pour les années d'imposition terminées après le 2 octobre 2016). Raison de plus pour déclarer la vente d'une résidence, même exonérée.
Les pénalités
Faute lourde — « négligence flagrante » au Québec : 50 % de l'impôt en cause, à chaque palier, mais c'est au fisc d'en prouver les conditions (par. 163(2) et 163(3) LIR ; art. 1049 et 1050 LI). Omission répétée de déclarer un revenu : jusqu'à 10 % du montant omis, à chaque palier (au Québec, art. 59.2.2 LAF). S'y ajoutent les pénalités propres à l'immobilier : désignation tardive, avis du vendeur non résident, prête-nom non divulgué.
Les erreurs qui coûtent cher en fiscalité immobilière
Croire que l'exemption est automatique
Vendre sa résidence sans déclarer la vente ni produire la désignation. L'exemption se demande, aux deux paliers ; l'oubli se paie en pénalités, et au fédéral il laisse l'année ouverte à une cotisation tardive.
Revendre vite sans documenter le motif
Séparation, perte d'emploi, maladie : l'événement de la vie écarte la règle des 365 jours, à condition d'être prouvé. Un jugement, un avis de cessation d'emploi ou un dossier médical vaut mieux qu'une explication donnée après coup.
Répondre seul au questionnaire du fisc
« Pourquoi avez-vous acheté ? Pourquoi avez-vous vendu ? » Ces questions portent sur l'intention, le cœur de la qualification. Une réponse approximative devient un fait au dossier, difficile à corriger à l'opposition.
Oublier la TPS et la TVQ
Flip avec rénovations majeures, plex neuf construit pour être loué, contrat de préconstruction cédé : trois opérations taxables que leurs auteurs découvrent souvent avec l'avis de cotisation.
Demander le remboursement sans habiter l'immeuble
Le remboursement pour habitation neuve suppose que l'habitation soit le lieu de résidence habituelle de l'acheteur ou d'un proche. Le revendeur n'y a pas droit, et le fisc revient réclamer ce qui a été versé à tort ; l'investisseur qui loue doit plutôt demander le remboursement pour immeuble d'habitation locatif neuf.
Changer d'usage sans le déclarer
Louer son ancienne résidence, convertir un sous-sol en logement, passer à la location de courte durée : chaque changement peut déclencher une vente réputée. Et réclamer un amortissement sur l'immeuble ferme la porte au choix qui permettrait de la reporter.
Acheter d'un non-résident sans certificat
Sans les certificats de l'ARC et de Revenu Québec, l'acheteur répond d'une partie de l'impôt du vendeur : 25 % du prix au fédéral, 12,875 % au Québec, et davantage pour un bien amortissable. La vérification de la résidence du vendeur fait partie de la transaction.
Contester à un seul palier
Un redressement immobilier produit en général un avis de l'ARC et un avis de Revenu Québec. Chacun exige sa propre opposition, dans son propre délai — en règle générale 90 jours à compter de l'envoi de l'avis.
Ce que je fais pour vous
Près de quarante ans de droit fiscal, à conseiller avant la transaction et à plaider après la cotisation. Tarif de 375 $/h ou forfait convenu d'avance.
Avant la transaction
Avis sur la qualification d'une vente projetée, sur l'exemption pour résidence principale et le changement d'usage, sur la TPS et la TVQ d'un projet de construction ou de rénovation, sur l'achat auprès d'un non-résident, sur un contrat de prête-nom à divulguer.
Pendant la vérification
Analyse de la demande du fisc, constitution de la preuve d'intention et d'occupation, réponse au vérificateur, représentations sur le projet de cotisation, contestation des pénalités avant qu'elles ne soient imposées.
Après la cotisation
Avis d'opposition à l'ARC et à Revenu Québec, négociation d'un règlement, appel à la Cour canadienne de l'impôt, contestation à la Cour du Québec — et, lorsqu'elle est encore possible, divulgation volontaire des autres opérations à régulariser.
Questions fréquentes sur la fiscalité immobilière
Dois-je payer de l'impôt à la vente de ma maison au Québec ?
Qu'est-ce que la règle des 365 jours sur la revente précipitée ?
J'ai revendu après moins d'un an à cause d'une séparation ou d'une perte d'emploi. Serai-je imposé sur un revenu d'entreprise ?
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Je rénove des maisons pour les revendre. Dois-je percevoir la TPS et la TVQ ?
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Combien coûte un avocat fiscaliste pour un dossier immobilier ?
Textes et sources officielles
Les règles, les taux et les délais exposés sur cette page s'appuient sur les lois et les publications officielles suivantes.
Lois
- Loi de l'impôt sur le revenuL.R.C. 1985, ch. 1 (5e suppl.) — par. 12(12) à 12(14), par. 45(2) et 45(3), art. 116, 152, 160, 163, 216
- Loi sur la taxe d'acciseL.R.C. 1985, ch. E-15 — TPS/TVH (partie IX), art. 325
- Loi sur les impôtsRLRQ, c. I-3 — art. 21.4.6, 91.2 à 91.4, 284, 286.1, 1010, 1049, 1050, 1079.8.6.4, 1079.8.13.3, 1097 à 1102.2
- Loi sur l'administration fiscaleRLRQ, c. A-6.002 — art. 14, 14.4, 59.2.2
- Loi concernant les droits sur les mutations immobilièresRLRQ, c. D-15.1 — art. 20 et 20.1
- Loi sur la taxe de vente du QuébecRLRQ, c. T-0.1 — art. 232.1
Administrations fiscales
- ARC — Folio de l'impôt sur le revenu S1-F3-C2Résidence principale
- ARC — Règle sur les reventes précipitées de biens immobiliers résidentielsPrésomption des 365 jours et événements de la vie
- ARC — Guide T4037, Gains en capital (2025)Taux d'inclusion, bien à revente précipitée, récupération d'amortissement
- ARC — Déclaration de la vente ou de la disposition de biens immobiliersCotisation après la période normale lorsque la disposition n'est pas déclarée (al. 152(4)b.3) LIR)
- ARC — Bulletin d'interprétation IT-218R (archivé)Bénéfices et gains en capital provenant de la vente de biens immeubles
- ARC — L'inobservation dans le secteur de l'immobilierRésultats des vérifications, avril 2024 à mars 2025
- ARC — Circulaire d'information IC72-17R6Disposition de biens canadiens imposables par des non-résidents — article 116
- ARC — Info TPS/TVH GI-005Vente d'une résidence par un constructeur qui est un particulier
- Revenu Québec — Achat, vente, revente précipitée, location ou rénovation d'une propriétéVente, désignation d'une résidence principale, revente précipitée, changement d'usage
- Revenu Québec — Remboursement TPS/TVQ pour habitation neuve ou rénovéeConditions, montants, délai et remboursement pour première habitation
- Revenu Québec — Achat, vente, construction, rénovation ou exploitation d'un immeubleTPS et TVQ : vente d'immeubles d'habitation, fourniture à soi-même
- Revenu Québec — Hébergement de courte duréeEnregistrement, taxe sur l'hébergement, TPS et TVQ